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Ballodromes.

Une équipe de balle pelote est composée de cinq joueurs et d’un remplaçant éventuel. Le grand principe est le « gagne terrain ». Les points se compte en quinze, trente, quarante et jeu sans avantage en cas d’égalité à quarante.
La balle est livrée à main nue.
Elle est ensuite frappée avec la main, protégée par un gant. Le livreur de l’équipe côté trapèze engage donc la partie : il doit livrer la balle au-delà de la ligne médiane des courtes.

Les deux équipes réparties sur l’ensemble du terrain se renvoient directement la balle de volée ou de premier bond sans faire la passe à ses coéquipiers. Les deux équipes essaient de « faire mourir » la balle le plus loin possible dans le camp de l’adversaire. Ou mieux, de faire passer la balle entre les perches, au delà du terrain, de l’équipe adverse : dans ce cas, on parlera de balle outre et l’équipe qui l’a réalisée marquera un quinze. 

Dans le cas où la balle n’a pu être renvoyée avant le deuxième bond, on repère temporairement l’endroit où la balle a été arrêtée, ou le point de sortie
du terrain. La chasse, le marqueur temporaire, indique donc une ligne fictive qui sépare le terrain en deux parties. Quand les deux chasses, une seule en cas de quarante, sont posées, les deux équipes changent de camp. Il s’agit maintenant pour une équipe d’envoyer la balle dans le camp de l’adversaire ainsi délimité

par la chasse. Au moment où la balle «meurt», sortie de terrain, deuxième bond, ..., l’arbitre repère ce nouveau point. S’il se trouve au-delà de la ligne imaginaire de la chasse, c’est l’équipe du livreur qui marque le quinze. Sinon, c’est l’équipe se trouvant dans le rectangle qui gagne le point. En championnat, l’équipe qui est la première à atteindre 13 jeux s’adjuge le gain de la rencontre.

Andy Simon dresse la cartographie de 330 jeux de balles, en Belgique et Hauts-de-France. Il en photographie la configuration, nue, déserte, incrustée dans le tissu rural, petites places de villages, bistrots, églises. Archéologie, là aussi, d’une tradition, d’une vie sociale. C’est peut-être parce que, manifestement, il est joueur lui-même que ces terrains sont vus comme de l’intérieur, avec leurs lignes blanches énigmatiques ? Sur une carte blanche, il répertorie le nom de tous les lieux dotés d’un ballodrome, points connectés, vivants, où la passion subsiste, vibre. Pour traverser assez souvent, le samedi, pas mal de ces patelins, j’ai bien en tête l’animation discrète qui y règne quand il y a match, l’esthétique des gestes et mouvements, les cris rituels, les impacts (gant contre balle), les silences, les commentaires. Une socialisation en voie de disparition (mais qui résiste).

- Pierre Hemptinne pour PointCulture

Michel Voiturier pour FluxNews

Andy Simon (1992) n’est pas né pour rien dans la région de Renaix, un territoire qui connaît encore des compétitions de balle pelote. Ses photos élaborent une espèce d’inventaire des ballodromes du coin, documents au sujet d’un sport marginal qui persiste malgré tout en créant dans quelques centaines de patelins de Wallonie, d’une frange de la Flandre et des Hauts de France des animations locales périodiques. Un vestige d’une certaine façon de vivre en train de disparaître au profit de distractions médiatisées et outrageusement financées.